Editor’s note: This is the fifth installment in our week-long guest post series. We conclude with one of our favourite bloggers, Amanda Strong of Mindful Table

BIO: Amanda Strong is a freelance writer and the founder of The Mindful Table, a website and blog that explores local and sustainable food in Canada, particularly in the Montreal region. She has been considering the environmental impact of her food choices for over 20 years.

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When it comes to the environment—one of the many pieces in the sustainability puzzle—agriculture and food consumption is one of the worst offenders in terms of overall damage. A recent UN report identified agriculture as the main source of adverse environmental pressure resulting from human economic activities, surpassing even fossil fuels because of the sheer scope of land and water resources it uses. In other words, the potential damage from agricultural activity is far more broad-reaching than that of petroleum. Stunning, isn’t it?

At risk of overwhelming everyone with statistics, here are a few that I find particularly salient from that UN report:

  • 42% of freshwater contamination in the US can be linked to food agriculture (another 40% can be linked to cotton agriculture!)
  • 50% of non-CO2 greenhouse gas emissions and 14% of all greenhouse gas emissions come from food production
  • 70% of global freshwater consumption is used for agriculture
  • 38% of the world’s land area is used for agriculture (2007)
  • Over 50% of the worlds crops are used to feed animals for consumption, not people

Some of the problems in agriculture cited are over-use of agrichemicals; excessive energy use in intensive agriculture operations; proliferation of invasive species problems; over-use of land and water resources, especially in the production of animal products (ie, meat); and the production and transportation of non-seasonal fruits and vegetables, particularly when frozen or transported by air.

Because I don’t want to support food consumption practices that are harmful to the environment, I pay attention to where my food comes from and how it is grown or produced. That means that as much as possible I try to make informed choices. The choices aren’t always clear-cut and my budget sometimes means that I can’t act on the choice I’d like, but increasingly the options are there.

Here are seven rules that I try to follow in order to minimise my overall environmental impact when buying food:

  • Choose foods that are grown without the use of agrichemicals. This means choosing foods labelled as organic or talking to the farmer or producer of the food about their practices.
  • Choose foods from producers who keep the environment in mind. The only way I’ve found to achieve this one is by talking to farmers and producers or by shopping at places that have a buying policy that takes into account the environmental impact of the products on their shelves, like Fait Ici.
  • Eat more whole foods. In other words, avoid processed foods. As a general rule, the more processed a food is, the more environmental resources have been used in its production.
  • Eat lower on the food chain. In a nutshell, this translates into eat more veggies and less (or no) animal products. Where it gets tricky is when you start to factor in the processing of many popular vegetarian foods.
  • Eat locally and in season. This is currently a hot topic with arguments for both sides of the coin depending on how you slice and spin the data. I believe that if you look at the big picture, eating locally and seasonally comes out as the winner. For more on this debate check out a recent article from the New York Times finding fault with ‘eating local’ and these three editorials from Cooking up a Story , Grist and The Atlantic that challenge the original article.
  • Choose products with less packaging or environmentally-friendly packaging. Simply being conscious of the packaging is sometimes enough to guide us to alternative buying decisions, or in some cases, different shops!
  • Buy fair-trade. While this doesn’t directly impact on environmental issues, I believe choosing fair trade is important when it comes to products with ingredients that we can’t grow locally, such as cocoa, sugar, coffee, etc.

Food is one of the biggest slices of the personal consumption pie. It’s also one where we increasingly have more choices available to us in Canada. By making informed choices and letting others know about our choices, there is potential for change. We already have evidence that consumer demand is changing how modern agriculture is seen by government. Let’s continue to make mindful buying decisions and keep the pressure for change on.

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SOLANACÉES une grande famille CULTIVÉES ICI!

by lindsay on September 2, 2010

Editor’s note: This is a guest post by Mariève Savaria. It is the 4th in our week-long series of food-centric guest posts on Made Here the FAIT ICI blog.

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Mariève Savaria, bio:

Bloggeusevariétarienne et locavore, elle soutient et stimule une alimentation préventive, nutritive et créative!

Initiatrice de BRUT’alimentation, un service de coaching  pour de saines habitudes alimentaires et source d’information et d’inspiration pour manger sainement, simplement, le plus brut possible!

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C’est avec grand plaisir que je partage un billet sur le blogue FAIT ICI, magasin général, qui encourage l’économie locale.

Je ne pouvais pas écrire en collaboration avec FAIT ICI, sans souligner tout ce qui a été PRODUIT et CULTIVÉ ICI,  à proximité de Montréal, cet été, et qui continuera de l’être jusqu’à la mi-octobre.

Pour l’été 2010, je m’étais fixée comme objectif de visiter les petits marchés de quartiers de Montréal pour rencontrer les agriculteurs, mais aussi les organisateurs, bénévoles et résidents, tous plus passionnés les uns que les autres, qui permettent à de nombreux montréalais d’avoir accès à une variété de légumes et fruits frais locaux et de plus en plus, bios.

J’aime les marchés!  Ils sont un point de rassemblement.  Ils créent des liens, de toutes sortes, mais plus précisément des liens humains.  C’est une grande famille.  Un marché c’est un méga tableau vivant, pétant de santé!  C’est aussi mon assiette chaque fois que j’en reviens.  Les marchés sont un lieu d’approvisionnement, pour s’alimenter à la fois physiquement et mentalement.  Que de variétés et de découvertes gustatives.  La variété c’est une grande richesse nutritionnelle et un potentiel créatif sans fin (faim!).

En hommage aux liens solides créés dans les marchés et à tous ceux qui encouragent les produits locaux, voici une recette de famille; de la famille des solanacées.  Un agencement peu commun mais qui mérite qu’on s’y ouvre et qu’on ose y goûter!

SALADE DE SOLANACÉES version BRUT’alimentaton!

C’est quoi ça solanacée? C’est la famille de légumes qui inclut, entre autre, la tomate, la pomme de terre, la cerise de terre, le poivron et l’aubergine.  Et c’est la période d’abondance en ce moment.

Avez-vous déjà pensé à cuisiner par famille d’aliments?!  Que si deux légumes ou fruits proviennent de la même famille, ils feront nécessairement un mariage heureux… gustatif j’entends!  La nature est bien faite et elle nous guide vers des agencements gagnants.  Et comme n’importe quelle famille, quand elle arrive, tout le monde débarque en même temps!  Vous avez remarqué? Tomates, aubergines, poivrons, cerises de terre, ils s’installent tous en même temps, sur les étalages des marchés.  Je m’amuse donc, depuis un moment, avec ce concept de cuisiner par famille, qui, ma foi, donne des résultats épatants et délicieux!  Cette salade que je partage avec vous, en est la preuve vivante!

SALADE DE SOLANACÉES


AVEC QUOI?

  • 2 aubergines coupées en tranches et cuites au four à 375 degré 30 minutes (15 minutes de chaque côté) – garder la pelure, c’est là que se cachent les antioxydants!  Et nul besoin de  les dégorger.
  • 2 poignées ou plus de tomates cerises ou autres variétés coupées en deux
  • 1 grosse poignée ou plus de cerises de terre (sans leur lanterne!!!)
  • Basilic frais citronné ou régulier

Pour la vinaigrette :

  • Huile d’olive extra vierge de première pression à froid.
  • Vinaigre de Xérès ou jus de citron bio
  • Le bout d’un couteau de l’intérieur d’une gousse de vanille
  • Sel de Guérande et poivre noir du moulin
  • NOTE:  J’aime aussi utiliser une confiture ou purée de cerises de terre maison à laquelle j’ajoute de l’huile d’olive, du vinaigre de Xérès et/ou du jus de citron, cela vous fera une vinaigrette délicieuse.

COMMENT?

  1. Couper au dessus d’un grand bol, avec un ciseau, vos tranches d’aubergines cuites en 4, pour avoir de petits triangles.
  2. Ajouter les tomates, les cerises de terre et le basilic.
  3. Mélanger les ingrédients de la vinaigrette puis verser sur vos solanacées.  Bien mélanger.
  4. Plus qu’à savourer la famille au grand complet!

NOTE:  pour un repas complet ajouter des noix grillées ou des cubes de tofu ferme biologique grillé, sauce au cari et lait de coco.

NUTRITIFS les solanacées?

Quand vous carburez aux solanacées vous profitez à différents degrés selon le légume ou le fruit ingéré, des bienfaits de la vitamine A (carotène), de certaines vitamines du groupe B ainsi que de la vitamine C, E, K, du potassium, du manganèse, du cuivre et des antioxydants.  D’où l’idée d’agencer une variété d’aliments d’une même famille pour augmenter le potentiel nutritif de vos repas.

CONSEIL : Acheter un produit nouveau chaque fois que vous allez au marché et oser les cuisiner différemment. Profitez-en pour poser des questions et échanger avec les producteurs et les marchands.  C’est une belle façon de développer son goût, sa créativité,  d’encourager la diversité alimentaire pour les générations futures et une meilleure santé globale.   Pour BRUT’alimentation, c’est un super défi et une grande source de motivation.  Et bonne nouvelle, avec le magasin général FAIT ICI, il est possible de consommer ce qu’on fait ici, au Québec, toute l’année.  Difficile de résister, n’est-ce pas?!

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Les clichés de l’alimentation

by lindsay on September 1, 2010

Editor’s note: Our third in this series of guest posts features Ariane Carpentier of Épicurbaine.

Ariane est une étudiante du cégep. Compte tenu qu’elle est encore aux études, elle adore découvrir des restaurants qui sont abordables, mais délicieux, qu’elle critique ensuite dans son blog.  C’est sous le nom de l’Épicurienne Urbaine qu’Ariane partage son amour pour la nourriture.

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Manger est à la base de la survie de l’homme. Que vous mangiez bien, mal, beaucoup ou trop peu, vous avez vos propres habitudes alimentaires. Toutefois, vous faites peut-être partie d’une de ces catégories stéréotypées de mangeurs qui peuvent être définies par des caractéristiques particulières.

Pour savoir de quel cliché vous souffrez, je vous conseille fortement de lire attentivement les informations suivantes.

LE COLLATIONNEUR- n.m. Désigne une personne ayant une forte tendance au grignotage.

Symptômes : Vous êtes un collationneur si…

1. Une de vos mains est toujours occupée… à manger.

2. Votre tiroir de bureau pourrait nourrir vous et vos collègues pendant quelques jours dans l’éventualité d’une catastrophe naturelle.

3. Quand vous voyez qu’il existe une nouvelle sorte de fruits séchés, vous vous empresser d’en acheter.

Les collationneurs ont tendance à manger des portions plus raisonnables lors des repas, compte tenu qu’ils ont moins faim. Le risque? Manger des collations qui ne sont pas saines. Pour de bonnes idées collation, cliquer ici.

Que vous soyez ou non un collationneur, je vous donne le secret de MA collation préférée : Le parfait au yogourt en pot Mason. Je sépare le granola (de mon choix) avec un papier film pour éviter qu’il ne soit mouillé par le yogourt et, à la dernière minute, je l’ajoute. Délicieux est hyper simple!

L’AMIMAUX- n.m. Désigne une personne qui est très conscientisée par le traitement des espèces vivantes.

Symptômes: Vous êtes un amimaux si…

1. Vous avez accepté de signer la pétition contre le gavage des canards et des oies… et vous l’auriez signé plus d’une fois si vous aviez pu!

2. Vous avez été touché par les publicités des producteurs de volailles du Québec: si vous aviez une poule urbaine, vous aussi vous la prendriez en photo.

3. Vous aimez savoir votre jambon a été heureux avant de le manger.

L’amimaux ne s’empêche pas de manger de la viande, mais veut le bien-être de celui qui finit dans son assiette. Le risque? Devoir se limiter aux petites productions et alors payer le gros prix.

LE SURMEGELÉ- n.m. Désigne une personne surmenée et/ou paresseuse qui se nourrit quasi exclusivement de produits surgelés.

Symptômes : Vous êtes un surmegelé si…

1. Vous n’avez « jamais le temps de cuisiner ». Du moins, c’est ce que vous vous dites.

2. À l’épicerie, vous vous énervez devant les nouveaux mets préparés le Choix du Président.

3. « Préchauffez le four à 350˚ » est votre maxime.

Les surmegelés profitent de l’économie de temps que procurent les plats tout préparés. Le risque? Le taux élevé de sodium, lipides et glucides présent dans ces plats qui leur procure un goût plus accentué.

LE GRANÉCOLO- n.m. Désigne une personne qui achète bio,  qui est conscientisée par l’environnement et qui est prête à payer un peu plus cher pour des produits équitables.

Symptômes: Vous êtes un granécolo si…

1. Quinoa, soya, tofu, seitan sont des produits très courants dans votre alimentation.

2. Vous aimez la méditation et êtes très favorables aux mouvements végétariens et crudivores.

3. Vous culpabilisez si vous devez jeter une boîte de carton à la poubelle à la place de la mettre au recyclage.

Les granécolos contribuent au bon maintien de notre planète en étant très conscients des conséquences de leurs actions. Le risque? S’ils consomment exclusivement du bio-écolo-équitable, leur régime alimentaire peut-être excessivement restreint.

(Si vous êtes un tant soit peu conscientisé par les répercussions des choix de votre alimentation, visitez FAIT ICI le plus rapidement possible!)

ANTIVERT- n.m. Désigne une personne qui ne consomme presque pas de légumes et plus particulièrement s’ils sont de couleur verte.

Symptômes: Vous êtes un antivert si…

1. Quand c’est dans votre assiette, ça doit être brun et blanc.

2. Manger des pommes de terre c’est, selon vous, manger des légumes. Et ça suffit à vos besoins.

3. Chez la visite, vous vous débarrassez des aliments verts en les donnant au chien, en les jetant par terre ou en les écrabouillant dans votre serviette de table.

Les antiverts sont des personnes qui ont une forte répugnance envers les légumes. Le risque? Ils se privent de vitamines essentielles et peuvent insulter des hôtes par des gestes tels qu’énoncés au symptôme 3.

LE FASTFOODAHOLIC- n.m. Désigne une personne qui consomme beaucoup (trop) de fast-food.

Symptômes: Vous êtes un fastfoodaholic si…

1. Regarder le film “Super Size Me” vous donne faim.

2. “12 pouces, 5 dollars” est votre chanson préférée de l’été 2010.

3. Vous connaissez par cœur le menu de vos chaînes de restauration rapide préférées.

Les fastfoodaholics ont été pointés du doigt encore et encore, mais demeurent présents en grand nombre. Le risque? Eh bien… on ne reviendra pas là-dessus!

LE DIFFICILE- n.m. Désigne une personne qui est sélective en ce qui a trait à ce qu’elle mange.

Symptômes: Vous êtes un difficile si…

1. Vous n’aimez pas ouvertement plus qu’une des choses suivantes: le poisson, les tomates, les champignons, le fromage ou les fruits de mer.

2. Vous n’osez pas essayer des saveurs qui vont sont inconnues et vous avez des préjugés défavorables envers celles-ci.

3. Les gens chez qui vous mangez ont de la difficulté à concilier vos caprices.

Les difficiles sont des personnes qui n’osent pas essayer de nouvelles choses et, ainsi, ne développent pas assez leur goût. Le risque? Un difficile n’est pas une personne agréable à recevoir à sa table, car elle ne profite pas entièrement du repas qui lui est servi.

Parmi mes clichés de l’alimentation, peut-être vous êtes-vous reconnu… ou peut-être avez-vous reconnu un membre de votre entourage… Tout ce que j’ajouterai c’est: une chance qu’il y a des clichés pour qu’on puisse en rigoler!

Ariane alias l’Épicurienne Urbaine.

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Preaching Market Fresh

by lindsay on August 31, 2010

Editor’s note: This is a guest post by Food Guy Mtl. It is the second in our series of week-long guest posts from bloggers we like.

The Food Guy is super passionate about eating. He’s been into our shop a number of times and his love of matters culinary is infectious. He worked in the food industry for 8 years and is now an online marketer by day and  blogger by night. The Food Guy loves all things Montreal – especially the grub. His blog has great resto reviews, often of spots that get less attention. We are grateful that he’s agreed to grace us with his words during this guest post series. Check him out on Twitter for more goodness.

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Much like fashion, food has its trends. They can come from the available technology, much like the invention of the microwave, or according to the current era, for example Jell-O molds and Tupperware parties. The point is trends constantly evolve into new ones. Some are fads, some last a short while, and some are timeless.

What is the hottest trend happening now? More and more, we are paying closer attention to what we are eating, where it is coming from, and becoming less shy to ask questions at supermarkets, farmers markets, and everything in between about the food. I am of course talking about eating local produce, specifically our fruits and veggies.

Why should we eat local? The simple answer: it’s healthier for us. The food takes a road less travelled to go from farm to plate, therefore it’s fresher and food always tastes best in this state. Don’t get me wrong, there’s nothing bad about eating a tomato from California. But there is a concern. What did the producers have to do to ensure that it stays fresh after travelling across a country? And will it taste any different than one from within 50km of Montreal?

Eating locally also allows us to realize what’s in season. Do we really see an abundance of squash in March? Probably not. There’s nothing like nibbling on bright red sweet Quebec strawberries, or having a salad with crispy romaine lettuce.

Switching to local produce can be a bit of a stretch when some big block stores pose an issue from two angles: offering food products in a non-food store (Wal-Mart), or offering non-food products in a food store (Loblaws, Metro, IGA, etc.). The idea is to create a one-stop shop for all your needs, which is fine for essentials. From experience, I don’t mind going to multiple places if it means getting a better product. If I have to go to a drugstore to pick up paper towels and soap, then go to the market and pay cash (YES) for ingredients that will contribute to a delicious meal, then that’s fine with me.

Eating locally promotes healthier eating, supports local farmers and businesses, and the food tastes waaaay better. So try the local thing for a little while. See and taste the difference it makes. You won’t be disappointed.

Photos by: Chris Goldberg

View more of his work here

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La vérité incarnée

by Elise on August 29, 2010

Editor’s note: This is the first guest post in our guest series on the Made Here, the FAIT ICI blog. We are deeply honoured to kick things off with Élise Desaulniers.

Élise Desaulniers:
Est devenue végétarienne après avoir lu un texte décrivant les conditions d’élevage industriel et se demande depuis ce jour-là quoi manger. Depuis près d’un an, elle partage ses découvertes, ses réflexions et ses recettes sur Penser avant d’ouvrir la bouche.
On peut également la trouver sur Facebook, Twitter et dans sa cour avec ses chats.

Le film Meat the truth et les conséquences environnementales de la consommation de viande.


La première chose que l’on découvre en poussant la porte de Fait ici, c’est le sourire délicat accroché aux lèvres de Lindsay. Si l’on s’en détache pour se rapprocher des étalages de bois longeant les murs, on remarque alors des cartons sous chaque objet : ils indiquent son lieu de fabrication et la distance parcourue pour se rendre jusqu’à nous. Il ne s’agit pas d’une partie de Mille-Bornes mais bien d’une forme d’engagement écologiste. En effet, la réduction des émissions de CO2 liées au transport est au cœur du mouvement locavore. Et lorsqu’on achète des produits locaux et de saison, on le fait pour le goût, pour l’économie locale, un peu pour faire sourire Lindsay mais sans doute aussi beaucoup pour l’environnement.

Les choix alimentaires pèsent lourd dans l’équilibre de la planète. Dans Diet For A Hot Planet, publié ce printemps, l’écologiste Anna Lappé constate que l’alimentation dans son ensemble est responsable du tiers des émissions de gaz à effet de serre. Le tiers. Une chose est donc sûre : on ne parviendra pas à ralentir le réchauffement climatique sans modifier en profondeur nos habitudes et notre façon de produire la nourriture. Mais comment faire? Consommer des aliments peu transformés qui ont poussé chez le voisin, réduire le gaspillage, revoir l’utilisation des engrais chimiques et les techniques de labours, par exemple. Pourtant, l’essentiel n’est pas là.  De l’avis de Lappé et de nombreux scientifiques dont Rajendra Pachauri, président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, c’est la réduction de la consommation de viande qui constitue la meilleure option pour agir immédiatement sur le réchauffement climatique. En effet, selon un rapport de la FAO notre consommation de viande est responsable de 18% des émissions globales de gaz à effet de serre[1].

Meat the truth


Le film Meat the Truth qui sera présenté au Cinéma du Parc de Montréal du 17 au 22 septembre est justement construit autour de cette idée que l’élevage de bétail génère plus de gaz à effet de serre au niveau mondial que toutes les voitures, camions, trains, bateaux et avions additionnés ensemble. Présenté par Marianne Thieme, la cheffe du Parti pour les Animaux en Hollande, le film vient d’être sous-titré en français par l’Association végétarienne de Montréal.

Le documentaire est construit autour d’une conférence qui montre les effets de la production industrielle de viande à l’aide de nombreux exemples concrets entrecoupés de témoignages et de dessins animés particulièrement réussis. Un des témoignages les plus intéressants est celui de Howard F. Lyman, surnommé Mad Cowboy. Lyman est un ancien éleveur de bétail qui mangeait des burgers trois fois par jour. Il raconte avec émotion être devenu végétarien après réalisé les conséquences de la production de viande sur la santé, l’environnement et les animaux. Aujourd’hui, il affirme qu’«un environnementaliste qui mange de la viande, est comme un philanthrope qui ne donne pas la charité ».

Si le bétail est aussi nocif pour l’environnement, c’est que la molécule du méthane (CH4) rejetée par les flatulences des animaux aurait un effet de serre 21 fois supérieur à celle du CO2. La production de viande est également liée à la déforestation qui libère gaz carbonique des arbres tout en réduisant la capacité de l’écosystème à absorber le CO2. En effet, plus de 30% de la surface terrestre est aujourd’hui utilisée directement ou indirectement pour nourrir les animaux qui seront mangés par les humains. Le documentaire explique aussi que le rendement de la viande est comparativement plus faible que celui des végétaux. Une même surface cultivée pour nourrir des animaux mangés à leur tour par un humain carnivore pourrait nourrir jusqu’à dix végétariens. Aux émissions de CH4 et à la déforestation, il faut aussi ajouter plusieurs autres éléments contribuant au bilan d’émissions de GES de la viande : l’utilisation de fertilisants responsable d’émissions d’oxyde nitrique (N20) qui a aussi un effet de serre important, le lisier, la machinerie utilisée, l’énergie nécessaire à la cuisson, etc. Et c’est évidemment sans compter les autres effets de la production de viande sur l’environnement, comme l’utilisation d’eau : produire une portion de bœuf (250g), par exemple, nécessite 4500 litres d’eau alors que produire la même quantité de tofu en requiert cinq fois moins.

Les accommodements raisonnables en matière de végétarisme

C’est vraisemblablement à partir de la publication du rapport de la FAO en novembre 2006, le premier à pointer du doigt le rôle du bétail dans le réchauffement climatique, que le grand public a réellement commencé à remettre en question sa consommation de viande. Jusque là, les arguments en faveur du végétarisme tenaient essentiellement à l’éthique animale. Or, l’argument de la compassion animale s’accommode mal d’une logique du plus ou moins. Dès lors qu’on est sensibilisé à la souffrance animale et qu’on voit des cadavres d’animaux dans son assiette, on a du mal à manger « un peu moins » de viande. En revanche, avec les arguments environnementaux, la situation est différente. On peut tout à fait s’accommoder d’une logique du plus ou moins. Personne ne prône une abolition totale des automobiles, on cherche plutôt une voiture qui consomme moins d’essence, où à ne la prendre que les week-ends. C’est pourquoi la question du rôle de la viande dans le réchauffement climatique ouvre la porte au flexitarisme, c’est-à-dire au végétarisme à temps partiel.

Un flexitarien, c’est quelqu’un qui diminue volontairement sa consommation de viande sans l’éliminer complètement, comme Mark Bittman, chroniqueur gastronomique au New York Times et auteur du best seller Food Matters. Bittman est végétalien jusqu’à 17h et se permet de manger ce qu’il veut en soirée. Le mouvement des Lundis sans viande s’inscrit aussi dans cette tendance. Ce mouvement, déjà bien implanté en Angleterre et aux États-Unis, encourage une diminution de la consommation de viande en rappelant qu’une réduction de 20% aurait un impact environnemental équivalent à celui de changer sa voiture traditionnelle pour une Prius.

Nombreux sont ceux qui ont récemment entrepris de réduire leur consommation de viande. En Angleterre, on a mangé l’an dernier 5% moins de produits carnés qu’en 2005 et la popularité des livres de recettes végés montre que les plats sans protéine animale sont de plus en plus populaires. Alors que le nombre de titres végétariens publiés était à peu près stable d’année en année jusqu’en 2006 (avec environ 200 références sur Amazon.com), on en compte aujourd’hui plus du double avec 531 en 2010. Certes, les livres de recettes en général sont de plus en plus nombreux, mais il n’empêche qu’on est bien loin des années 70 où le philosophe Peter Singer devait inclure des recettes de dahl dans ses essais pour que ses lecteurs sachent quoi manger en devenant végétarien.

Faire plus avec moins

Si on mange un tout petit peu moins d’animaux en occident, la production de viande devrait tout de même doubler d’ici 2050 alors qu’il y aura un tiers de plus de bouches à nourrir qu’il n’y en a aujourd’hui. Difficile d’imaginer comment la planète pourra soutenir chaque année l’élevage de 100 milliards d’animaux avec les conséquences qu’on connaît déjà. Pour l’historien de l’environnement James E. McWilliams et auteur de Just Food, notre consommation de viande doit être réduite drastiquement.

L’auteur, qui n’a rien d’un militant pour le droit des animaux (la question n’est pas du tout abordée dans son livre) a bien tenté de trouver des arguments permettant à un écologiste de continuer de manger de la viande mais a été forcé de constater que tous les problèmes environnementaux étaient étroitement liés à la production d’aliments d’origine animale[2]. Même les supposées solutions éthiques comme le bœuf nourri à l’herbe continuent de poser problème parce que les animaux demeurent inefficaces pour convertir l’énergie en nourriture et continuent de dégrader le sol, l’eau et l’air. En même temps, le modèle des petites fermes biologiques locales ne peut pas être étendu à l’ensemble de la terre pour nourrir l’ensemble de ses habitants. Il faut donc que la consommation de viande et de produits laitiers devienne absolument exceptionnelle. Pour cette raison, McWilliams invite les citoyens des nations développées de donner l’exemple non seulement en n’achetant leurs produits d’origine animale que de sources durables mais surtout, en ne le faisant qu’une fois par mois. On peut le faire. Ici aussi.

Taxer la viande pour sauver la planète ?

Notre mentalité doit évoluer: la consommation de viande doit devenir aussi inacceptable que n’importe quelle autre source de pollution. Et pour ce faire, nous devons prendre conscience des coûts environnementaux de la production de viande. L’an dernier, le philosophe Peter Singer a proposé d’instaurer une taxe sur la viande, comme on l’a fait depuis longtemps pour la cigarette. La proposition de Peter Singer est simple: augmenter de 50% la valeur au détail de tout type de viande. Cela ne pourra que nous encourager à modifier nos habitudes de consommation. Mis à part les lobbys de producteurs, nous avons tous à y gagner.

***

Le film Meat the truth/La vérité incarnée sera présenté au Cinéma du Parc en version originale anglaise sous-titrée en français du 17 au 22 septembre. Chaque soir, la projection du film sera accompagnée d’une discussion avec un spécialiste.


[1] Un rapport plus récent du Worldwatch Institute parle de 51%.

[2] Un rapport de l’ONU paru en avril 2010 nous rappelle que les produits laitiers sont également une source importante d’émission de gaz à effet de serre, soit environ 4%. Les animaux qu’on exploite pour leur lait ont les mêmes effets sur l’environnement que ceux qu’on mange, d’où l’appel à une réduction importante de la consommation de produits d’origine animale et non seulement de viande.

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